Découvert le 1er Mai 2005
OBSERVER
Le 1er mai 2005, un message sur les réseaux anglais signala l’arrivée d’un nouveau crop circle au pied de Golden Ball Hill — que l’on pourrait traduire en français par « la Colline de la boule dorée ». William se rendit sur place le 2 mai. Le propriétaire du champ, connu pour chasser les intrus, n’était pas présent ; une personne facilita néanmoins l’accès, permettant l’examen immédiat de la formation. Cette année-là fut avant tout une année d’observation technique.
L’année précédente, en 2004, après avoir reçu une sorte d’invitation symbolique, William avait assisté à l’apparition de nuages étranges et avait pu filmer un phénomène atmosphérique juste au-dessus d’une formation encore inconnue. Autrement dit, « quelqu’un » semblait lui montrer l’outil : un nuage compact servant d’agent de mise en forme. Golden Ball Hill était peut-être la suite de cette histoire. Grâce à la protection du site et de la formation, il put l'inspecter immédiatement avant l’arrivée des futurs visiteurs et réaliser les seules images au sol aujourd’hui disponibles : sans ces clichés, il serait impossible d’évaluer l’état réel des tiges et la qualité du lay de cette journée-là. Après avoir montré l’outil sur le blé, ces mêmes auteurs inconnus ont semble-t-il choisi le colza pour rendre la démonstration plus lisible. D’où la nécessité de se concentrer sur les détails in situ, ce que William savait déjà faire, et qu’il publiait quasiment en direct sur le site internet culture-crop.com.
Il pu mettre en évidence un lay d’une délicatesse remarquable : les fleurs semblent « flotter » au-dessus des feuilles et des tiges, la plupart des tiges sont intactes et pliées à leur base sans cassure, et l’on ne note ni éraflures, ni tiges, ni feuilles écrasées qui trahiraient un aplatissement mécanique et la présence d'une équipe piétinant dans toutes les directions.
Ces observations conduisent William à classer la formation parmi celles d’origine inexpliquée, car les caractéristiques in situ sont difficilement compatibles avec un simple passage de planches ou d’engins.
Ce dossier, bien documenté, fut très suivi à l’époque car les crop circles étaient sous les projecteurs depuis l’arrivée de la grande Galaxy de Milk Hill en 2001. La méthode de fabrication devenait un mystère qui commençait à fortement intriguer le grand public, et l’hypothèse la plus simple, souvent avancée, montrait ses limites. Le problème pour les farceurs et les faussaires était que la plante de colza ne se prêtait pas facilement au jeu : sa tige creuse casse brutalement sous la pression et, si elle est très jeune, elle se courbe sans casser mais se redresse ; elle ne reste pas courbée au ras du sol comme on pouvait l’observer à Golden Ball Hill.
Des pistes technologiques — parfois associées à des usages militaires — ont été discutées : micro-ondes pour plier les nœuds sans casse, lasers pour le tracé, guidage GPS/drone, voire projection infrarouge ou tir depuis ballon dirigeable ; aucune, toutefois, n’a été confirmée sur le terrain.
Pour rendre compte des formations où l’on observe des courants convergents et des couches orientées différemment, une énergie appliquée depuis plusieurs points — ou un pilotage multi-directionnel des flux — serait nécessaire, plutôt que l’action d’un faisceau unique. Jamais le phénomène de lodging, l’équivalent de la verse en français, n’avait été placé au centre du débat.
Pour revenir à un plan plus basique et consensuel, une tentative de reproduction réalisée avec planches et ficelle, menée devant des caméras pour une série TV à large audience, permit de retrouver la géométrie aérienne du dessin, mais pas la finesse du lay observé sur place — preuve que la géométrie vue du ciel ne préjuge pas de l’état du support au sol. Comme si le défi se limitait à reproduire une forme géométrique, sans se soucier de l’état du support. Les années suivantes virent se multiplier des équipes motivées à mystifier le public : le colza devint alors un support « à la mode » et certaines de ces créations artisanales furent rapidement présentées comme des messages « sophistiqués et compliqués », bien qu’aussitôt décodés. Mais l’examen sur le terrain révélait un véritable massacre au sol — contrairement à ce que racontent encore aujourd’hui certains intervenants médiatiques à l’échelle mondiale, qui prêtent à des visiteurs venus d’ailleurs ces messages chiffrés dans le colza.
Le cas de Golden Ball Hill illustre bien la puissance de l’information biaisée : répétée et martelée pendant des années, elle rend difficile le retour aux origines du phénomène.
Ce crop circle reste donc, à ce jour, un exemple clé, un modèle difficile à imiter mécaniquement. C’est aussi un jalon de notre série Les premiers signes du millénaire : ici, les fleurs devienent le support d’un signal qui questionne sur les différentes méthodes de réalisation des crop circles, avec ou sans technologie...
Nous pensons aujourd’hui que Golden Ball Hill joua un rôle précis dans la chaîne d’événements du début du millénaire. Ce petit motif n’était pas un grand spectacle, mais une démonstration ciblée. Par le même type de lay observé au sol et la reprise naturelle des tiges, il suggérait qu’un résultat comparable pouvait s’obtenir sans piétinement mécanique — possiblement via un processus naturel, tel que la verse — sans préjuger du mécanisme exact. Les auteurs inconnus offraient ainsi à un observateur averti — William — la possibilité de voir, mesurer et documenter le phénomène. Autrement dit, Golden Ball Hill a servi de « cours pratique » à ciel ouvert : une invitation à observer une méthode, plus qu’une preuve publique. Cette lecture s’inscrit dans une continuité entre les épisodes, comme autant d’étapes d’un dialogue discret où la forme attire, montre et déclenche la collecte d’informations pour comprendre.
Des années plus tard — en 2009 — un autre crop circle dans le colza, représentant un soleil aux rayons triangulaires, présentera les mêmes caractéristiques au sol ; sa forme, moins mystérieuse, sera évidente pour tous, mais son message caché et sa raison d’être ne se révéleront que plus d’une décennie plus tard. Ce nouveau dossier sera publié prochainement dans la section recherche et décryptage.
DOSSIER COLZA - Autres galeries photos de formations en colza faites à la planches
IMAGES DE LA COPIE DANS LE COLZA : Lucy Pringle a photographié la formation réalisée pour la série télévisée Ancient Aliens, en réponse au défi lancé par Culture-crop.com sur Internet.
VOIR SON DIAPORAMA : Imitation du crop circle de Golden Ball Hill réalisé avec une planche et une ficelle en plein jour
PHOTOS RÉALISÉES LE 2 MAI 2005 PAR WILLIAM BETTS

























2005 / 2025 – Crédits
William Betts : Photos de la galerie et leurs légendes à partir de l'image -1-
Lucy Pringle : Photo aérienne du crop circle (transformée)
Anne L. : Textes* (sauf ceux attribués à William) · Création des visuels d’illustration · Podcasts ·
Note concernant les textes* : L’usage du nous est un procédé littéraire et ne doit pas être interprété comme une désignation personnelle.